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Vaginisme : comment je m’en suis sortie

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Vous êtes nombreuses à vous confier à moi sur vos soucis de douleurs vaginales et vos difficultés à accéder à une sexualité épanouie. Ayant souffert de vaginisme pendant des années, je te donne aujourd’hui tous mes conseils pour en sortir en douceur.


Je vais te parler de mon vécu et de ce qui m’a aidée, ça ne veut pas dire que ce sera super efficace pour toi, mais ça peut t’inspirer pour ton propre cheminement.

Si tu veux en savoir plus sur le vaginisme, tu peux lire mon article sur le sujet ! Et si tu es une personne en couple avec quelqu’un qui fait du vaginisme, cet article peut t’être utile pour mieux comprendre ton / ta partenaire.

Je sais à quel point il peut être difficile de consulter. Comme certaines personnes ont pu être traumatisées par des praticien-nes, je ne fais aucune injonction. Cependant, sache qu’il existe de super sexologues qui pourront t’être utiles.

De plus, si tu souffres de douleurs vaginales, il est recommandé d’aller consulter une sage femme ou une gynéco pour poser un diagnostic. Ce qui te fait souffrir n’est pas forcément du vaginisme !

Ces quelques recommandations posées, nous pouvons continuer.

Sortir du vaginisme à tout prix

Au début, j’avais compris que quelque chose n’allait pas et je me disais que je devais absolument m’en sortir tout en étant super angoissée en voyant les différentes solutions qui s’offraient à moi.

Ma sage-femme avait posé le mot “vaginisme” sur ce qui malmenait ma vie sexuelle et je me sentais dans l’impasse : on me proposait une solution à base de dilatateurs et d’exercices de relaxation.

Bref, autant te dire que j’étais hyper angoissée et complètement paniquée à l’idée de devoir faire un truc pareil. Laisse-moi te dire, en tout premier, que ta santé t’appartient et que tu es libre de tes choix. Va vers ce qui te convient le mieux.

On ne peut pas guérir du vaginisme sans se questionner sur ce qui construit notre vie sexuelle : nos habitudes, nos traumatismes, nos relations. Nombreuses sont les femmes qui contractent du vaginisme parce que leurs partenaires restent focus sur la pénétration en oubliant tout le reste.

Je ne le dirai jamais assez, mais si tu as mal pendant la pénétration, la cause qui revient le plus souvent, c’est parce que ta vie sexuelle est phallocentrée (bien souvent sans que tu en aies conscience).

Un rapport sexuel phallocentré, c’est quoi ? C’est quand le but ultime d’un rapport sexuel, c’est la pénétration. Alors qu’il y a une multitude de façons de faire du sexe. Prendre le temps de se regarder, se caresser, se donner et recevoir gratuitement, lécher, embrasser sont autant de gestes nécessaires au lâcher prise.

On reproche souvent aux femmes de ne pas lâcher prise, mais dans la majorité des cas, si une femme ne lâche pas prise, c’est parce que sa / son partenaire n’est pas assez à son écoute.

Lâcher prise avec du sexe sans pénétration

Le premier conseil que je te donnerai : arrêter la pénétration. Non, ton vagin ne va pas se fossiliser si tu ne pratiques pas la pénétration (comme on a pu me dire).

Arrêter la pénétration permet de se rendre compte de deux choses :

  • L’impact de cette pratique dans ta vie sexuelle. Si c’est dur de faire d’autres choses, de trouver d’autres idées.
  • L’importance que ta / ton partenaire accorde à ton bien-être. Si c’est dur pour lui, s’iel rechigne, c’est qu’iel ne semble pas prendre assez en compte tes douleurs. Est-ce que lui/elle tolérerait que son pénis / sexe soit douloureux pendant une pénétration ?

Arrêter la pénétration en toute conscience permet de libérer son esprit : désormais plus de stress à avoir. Personne n’a le droit de demander une pénétration. On redécouvre sa sexualité, on invente de nouvelles choses, on explore ses fantasmes.

Libéré-e de cette pression, tu te sentiras plus libre et maître-sse de toi-même. Tu seras sûr-e de ne pas souffrir au lit et donc de retrouver une sexualité à deux épanouissante.

Retrouver une sexualité plaisir

Se reconnecter à son plaisir est le plus important. Non, tu n’as pas de vagin trop serré. Non, ce n’est pas de ta faute. Ce n’est pas de ta faute. Ce ne sera jamais de ta faute. Si ton partenaire te culpabilise, c’est lui qui devrait se sentir coupable.

En retrouvant du plaisir à sexer, tu vas reprendre confiance en toi. Vouloir une pénétration et ne pas y arriver est ce qu’il y a de plus frustrant. On a l’impression que notre corps nous échappe.

Pour retrouver une sexualité épanouie, il va falloir tester de nouvelles pratiques et devenir des expert-es de la fellation, du cunnilingus, de la masturbation à deux, utiliser des jouets qui vibrent, s’embrasser, se masser…

Tu n’es obligé-e de faire tout ça, bien sûr. Trouve ce qui te convient le mieux !

J’ai écrit sur ces sujets. Tu peux trouver un article sur le slow sex sur mon blog. Tu trouveras aussi un article sur des pratiques sans pénétration. J’ai écrit un article dédié à la première fois qui peut t’être utile. J’y aborde le sujet de la pénétration à part entière. Il vaut le coup de s’y attarder, même si tu as passé ce cap.

L’importance de la masturbation pour sortir du vaginisme

La masturbation est un excellent moyen de se réapproprier son corps et son plaisir. La première chose que je te propose, c’est de prendre un petit miroir et de regarder ton sexe.

Regarde ton clitoris, tes petites et grandes lèvres. Observe le pourtour de l’entrée de ton vagin. Observe l’élasticité de ta vulve. Sa couleur. Ses nuances. Lubrifie bien ton doigt et découvre les différentes textures, les petits plis et recoins.

Peut-être que ce sera déjà très éprouvant pour toi et ce n’est pas grave. Vraiment pas grave. Laisse le miroir et reviens-y plus tard, quand tu seras sereine.

C’est très important que tu ne te forces à rien. Sinon ton corps va encore plus se braquer. Si ton / ta partenaire peut t’accompagner dans ta démarche, c’est très chouette.

On peut avoir des a prioris sur son propre sexe. On peut le penser petit, serré et fermé. En réalité, nos vulves sont puissantes et élastiques. Elles sont souples quand elles sont en confiance. Elle se ferment quand elles veulent se protéger.

Prends le temps de découvrir cette partie de toi avec amour et bienveillance, comme toi seul-e peut le faire.

La pénétration n’est pas obligatoire

Faire du sexe sans pénétration permet aussi de réaliser que l’on se force souvent à être “pénétrable” pour autrui. Si tu veux retrouver une sexualité avec pénétration, fais le pour toi et seulement pour ton bien-être.

On peut tout à fait avoir une sexualité équilibrée et heureuse sans pénis, sans pénétration. A aucun moment, ce n’est une obligation de pratiquer la pénétration parce que ton partenaire a un pénis 🙂

(c’était un petit reminder)

Faire la connaissance de son vagin en douceur

Après avoir (re) découvert sa vulve, il peut être intéressant de découvrir la masturbation et notamment son clitoris, en solitaire. Etre capable de se donner du plaisir seul-e apporte généralement de la confiance en soi.

Si tu es quelqu’un qui a un clitoris très sensible, l’idéal est de te masturber à travers un tissu. Si au contraire, tu as l’impression de ne jamais rien sentir, essaye d’entourer ton clitoris avec deux doigts pour le faire ressortir et de te toucher avec un doigt de l’autre main.

Une fois que tu auras retrouvé une sexualité plaisir, sereine avec toi-même, peut-être que tu seras tentée par la pénétration à nouveau.

Le secret, c’est d’y aller étape par étape

Au début, fais-le seul-e. Mets une phalange ou juste le bout du doigt (lubrifié). Puis, petit à petit, tu arriveras à rentrer un doigt entier. Ne te force jamais, ne désespère pas de ne pas y arriver : c’est normal. Ca prendra du temps, mais c’est ok de prendre du temps pour que tu te sentes bien !

Lorsque tu essayes, mets toi dans une dynamique d’excitation : cultive ton imaginaire sexuel, regarde du porno, lis un livre érotique. L’idée c’est d’associer ces moments à quelque chose de plaisant et d’agréable pour toi.

De plus, ton corps va se détendre et comprendre qu’il est en sécurité, que tu ne crains rien.

Au fur et à mesure, tu pourras passer du bout du doigt à un doigt entier, voire deux. Les dilatateurs et les boules de geisha peuvent être de super alliés pour apprendre à sentir son périnée.

Le périnée est un ensemble de muscles en forme de filet. Grâce à lui tu peux te retenir de faire pipi ou contracter ton vagin ! Pratiquer des exercices de kegel pour apprendre à sentir son périnée est super intéressant.

Comme le vaginisme est une contraction involontaire du périnée, apprendre à reconnaître quand il est tendu est plutôt important, tu ne crois pas ?

Certains jouets peuvent aider. Les petits stimulateurs clitoridiens vibrants aident à se reconnecter à son plaisir en douceur. Personnellement, c’est l’orchidée d’idée du désir qui m’a énormément aidée.

mon chouchou

Ce jouet me plaisait énormément. Sa simple vue me mettait en confiance (et c’est ça qui est important !). Le massage du bois avait quelque chose de super réconfortant. A chacun-e de trouver ce qui lui convient le plus 🙂

Le dialogue et le vaginisme

Vous me faites part également de vos difficultés à aborder le sujet avec vos partenaires à cause de la honte.

Vous êtes magnifiques. Vous méritez de jouir et de ressentir du plaisir. Votre douleur doit être prise en compte. Ce n’est pas de votre faute et ça ne le sera jamais, peu importe d’où vient votre vaginisme.

Tu es normale. Tu es belle. Tu es puissante. et Ton corps t’envoie un message qu’il t’appartient de décoder. Ce n’est pas honteux. Nombreuses sont les femmes à souffrir pendant leurs rapports et ce qui est honteux là-dedans c’est le fait que notre douleur soit toujours reléguée au second plan.

Prends bien soin de toi.

J’espère que mon article aura pu t’aider !

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