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J’ai du mal à bander, que faire ? 4 astuces

Parfois, même si l’excitation est au rendez-vous et que tout semble se prêter à un rapport sexuel épanouissant, l’érection ne vient pas. Entre angoisse de la performance et stress de décevoir, ce moment peut vite devenir un enfer.


1 – Se poser les bonnes questions

Ne pas bander, au fond, ce n’est pas grave. Nous sommes habitu-ées à envisager le sexe sous un prisme pénétrocentré. J’ai fait une vidéo sur le sujet sur mon instagram, si ça t’intéresse !

Dans l’imaginaire collectif, un rapport sexuel réussi, c’est une pénétration et si elle est vaginale, c’est le summum. Pourtant, ces définitions sont réductrices et excluantes.

Quid des personnes ne pouvant pratiquer la pénétration ? Même sans faire de pénétration, on fait du vrai sexe. Les pratiques buccales et digitales sont tout aussi légitimes !

De plus, nous réduisons notre plaisir et nos pratiques à nos organes génitaux comme s’ils étaient les seuls lieux érogènes. Notre cerveau est notre premier organe sexuel : c’est lui qui repousse les limites de notre sexualité.

Si l’on s’éloignait des normes pénétratives, il n’y aurait plus d’angoisse de ne pas bander. Si l’on construisait des masculinités plus saines, plus aucun homme n’aurait peur pour sa virilité.

Une érection ne définit en aucun cas la masculinité ou la virilité de quelqu’un.

2 – Lâcher prise et retour à soi

Lorsqu’on n’arrive pas à bander ou que l’on débande, le stress peut vite s’emparer de nous ! On pense à tout ce que notre partenaire s’imagine, on peut se sentir jugé-e, nul-le, incompétent-e…

Tant que tu restes concentré-e sur l’autre, sur ce qu’iel est susceptible de penser, tu te coupes de ton corps et de tes sensations. Tu te focus sur l’autre et donc tu augmentes ton niveau de stress.

OR POUR BANDER ROGER, il faut être détendu et à l’aise ! Actuellement, les recherches tendent à montrer que le stress empêche l’afflux de sang dans le pénis et donc empêche l’érection.

De plus, en alimentant ce stress, tu vas entrer dans un cercle vicieux où tu seras stressé de ne pas bander avant même d’avoir un rapport. Résultat ? Impossible de bander.

C’est pour cette raison qu’il est intéressant de se recentrer.

Inspire par le nez longuement. Bloque ta respiration 2 secondes. Expire longuement. Tout va bien. Ne pas bander ne va pas t’empêcher de passer un super moment et si ça se trouve, ça va revenir.

Les exercices de respiration aident à réguler le rythme cardiaque et à retrouver une sérénité. Ca peut vraiment aider dans les coups de stress !

3 – La pénétration est possible même sans érection

Beaucoup pensent que la pénétration est impossible sans érection ! C’est faux !

Bien sûr, on peut envisager une pénétration anale pour stimuler la prostate. La prostate est une zone qui permet d’avoir des orgasmes ! Les hommes (et toutes les personnes possédant une prostate) peuvent apprendre à développer leur potentiel multiorgasmique !

On peut la stimuler en externe entre les testicules et l’anus ou bien en interne, par le rectum.

Mais la pénétration vaginale est possible aussi. La position en ciseau est très efficace pour se faire. Il faut bien sûr beaucoup de détente et laisser le contrôle à sa partenaire.

Souvent, l’érection revient doucement au contact de la chaleur et de l’excitation. Le principal, c’est de ne pas se mettre la pression d’y arriver et de voir où cela nous mène.

En matière de sexe, le chemin est très important. Ce sont ces moments qui nous connectent à l’autre et nous permettent de prendre un maximum de plaisir.

4 – Comment agir si mon partenaire ne bande pas ?

Maintenant qu’on a déconstruit l’idée qu’un rapport sexuel, ce n’est pas forcément une pénétration, si ton partenaire ne bande pas, ce n’est pas grave.

Ça ne veut pas dire que tu ne lui plais pas. L’érection est un phénomène mécanique et on peut bander devant quelqu’un qui ne nous attire pas forcément.

S’il est avec toi à ce moment là, c’est qu’il a probablement très envie de toi, même s’il ne bande pas. Si tu vois qu’il est tendu, que ça le fait stresser, la première chose à faire, c’est de vérifier que tout le monde est bien consentant.

La deuxième étape, c’est rassurer et mettre en confiance pour que vous vous sentiez bien tous les deux. Dites vous des mots doux, des choses excitantes, décentrez vous des organes génitaux pour pratiquer des caresses buccales ou digitales sur l’ensemble du corps.

Vous pouvez vous masser mutuellement pour bien détendre vos corps et vous découvrir différemment.

Le massage permet de prendre soin de l’autre sans attente de performance et sans attente sexuelle. C’est un outil puissant pour se reconnecter à l’autre. De plus, c’est un moment opportun pour apprendre à communiquer : dire à l’autre ce qui nous plait, à quelle intensité, les zones qui nous font du bien 🙂


Et toi, comment tu gères ? C’est quoi tes tips ? Tes commentaires me font toujours plaisir alors n’hésite pas 🙂

8 commentaires

  • Manon

    Coucou Masha !
    Déjà, merci pour tes articles et ton contenu sur les réseaux sociaux qui sont déculpabilisants et vraiment rafraîchissants ! On a besoin de personnes comme toi pour se sentir moins seul.e.s.

    Je réagis à cet article parce que j’ai eu une expérience sur le sujet récemment. Je suis une femme hétérosexuelle et je suis malgré tout, encore trop influencée par les rapports phallocentrés même si je me soigne !
    L’homme en question était circoncis et avait donc une moins grande sensibilité du penis. Du coup, les rapports protégés étaient « très compliqués », il ne sentait absolument rien et donc cessait de bander une fois le préservatif enfilé.

    On ne parle que très peu du sujet et en fait, même si c’est un soucis plus physiologique, il y a effectivement des hommes qui auront des difficultés pour des rapports hétéronormés. Ça doit être difficile pour eux de se rendre compte qu’il faudra faire des choix et passer beaucoup de temps à s’éduquer sexuellement pour vivre une sexualité épanouie et à celleux qui seront en face d’être à l’écoute et patients.
    Les rapports hétéronormaux nous font beaucoup de mals, je trouve, parce que dans cette situation par exemple, j’avais que très peu de ressources, surtout qu’il n’était pas non plus ouvert à d’autres pratiques.

    C’est avec des comptes comme le tien, donc et beaucoup, beaucoup de pédagogie et d’éducation sexuelle qu’on pourrait tous avoir des rapports plus en adéquation avec nos corps et nos envies.

    • Mashasexplique

      Merci Manon pour ta parole ! Ton message me touche beaucoup. J’espère vraiment, comme tu le dis si bien, que nous arriverons toustes à concilier nos envies et nos vies sexuelles 🙂

  • un_mec_lambda

    Lorsque j’étais ado, il m’arrivait de bander pour un oui ou pour un non, une pensée érotique, la vue d’une jolie fille, ou parfois sans raison apparente. Assez gênant. Par la suite, ça s’est calmé mais ça m’arrivait des fois au travail, un peu gênant également…
    Quand j’ai commencé à avoir un semblant de vie sexuelle et un formatage lié aux films porno, je me suis rendu compte que je jouissais vite (précoce ? Je ne le sais toujours pas aujourd’hui…) et ça m’a complexé. Au point où je n’arrivais plus à bander au moment où il le fallait vraiment, ce qui me complexait encore plus (le cumul impuissant+éjaculateur précoce, c’est la honte).
    Alors, évidemment, pour cacher ça, je me concentrais sur ce que je savais être des armes qui ne déçoivent pas: les doigts et la bouche. Ça, y a pas à dire, ça ne tombe jamais en panne mais j’avais toujours ce petit stress du moment où il fallait passer à la partie génitale.
    Et puis, à force d’arriver à faire plaisir avec ou sans pénétration et avec ou sans orgasme, ça m’a rendu un peu plus sûr de moi, j’oubliais ce stress et le problème ne s’est plus jamais posé sans que je ne m’en rende compte.
    Seul restant le problème d’éjaculation, le complexe laissant place à de la frustration. Mais ça, c’est une autre histoire et ce n’est pas le sujet de cet article…

    • Mashasexplique

      Merci beaucoup pour ta parole ! Tu as peut-être une hypersensibilité du gland d’ailleurs 🙂 Vraiment chouette que tu sois confiant en toi !

  • PETIT PAPILLON

    Pas besoin de suivre les 4 points de l’article, il suffit de suivre ces deux étapes :
    1. Arrêtez le porno.
    2. C’est tout, il n’y a pas d’étape 2. Tenez bon deux semaines et vous serez dur comme du béton !

  • JP

    Bonsoir Masha,
    À 71 ans j’ai bien conscience de ne pas faire partie de tes « groupes cibles » ;), et pourtant…
    Ce sera donc juste un témoignage, un retour d’expérience;
    Entre mes premiers jeux d’enfant avec ma petite voisine (on s’amusait bien) et le coup de foudre à 18 ans pour celle qui est toujours ma femme, une longue période d’ado coincé avec les filles où la masturbation m’a accompagné jour et nuit de façon plutôt explosive!
    Ensuite la passion avec ses bons et mauvais côtés mais avec beaucoup de sexe;
    Autour des cinquante/soixante, il y a une période clé où, si on n’y prend pas garde, de longues périodes sans sexe partagé font que, progressivement, les difficultés peuvent s’installer et il se passe ce que tu décris si bien et que j’ai vécu. Et c’est un cercle vicieux!
    Le desir est là, les fantasmes aussi, les jeux partagés, l’amour, rien n’y fait, la pénétration devient source de frustration et d’angoisse, ça ne fonctionne plus que rarement « sur commande », il reste les jeux et la masturbation que l’on peut pratiquer aussi côte à côte (sans forcément vraiment bander …); pourtant la nuit, entre les périodes de sommeil paradoxal, les érections sont bien là, violentes et durables, donc ça pourrait bien se passer!
    J’aurais tant aimé honorer ma promesse de la « solliciter » 😉 jusqu’à 80 ans!
    Ma conclusion: essayer de ne jamais laisser les difficultés s’installer au milieu du lit conjugal, jamais!!

      • JP

        Bonjour Masha,

        Nous vivons une époque où de jeunes femmes, je pense aussi à Maïa Mazaurette et d’autres, parlent naturellement de sexualité dans les médias et réseaux sociaux, expliquent, dédramatisent, proposent de nouvelles approches, et les débats autour du clitoris en sont un bel exemple;
        Après la libération sexuelle post 68 (dont tout le monde n’a pas profité, ne rêvons pas) puis l’apparition du Sida subie comme un coup de massue, vous remettez les choses à leur place
        C’est pour cela que j’aime bien vous lire 😉
        Bien à toi et à vous toutes,
        Jean Paul

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